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La page de PlumetteEpanchements chroniques |
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June 20 Elément TerreFiltrées d'un ciel de vapeurs grisées,
Les perles transparentes
Retournent se carburer
Avec nos huiles de vidanges.
Les feuilles assombries,
Enivrées de cette carence,
Recrachent la nuit
Le mauvais, nos venins à outrance.
Stérile, la verdure
Régresse contre l'horizon.
Masquons notre figure
Ehontée de trahison
Pour voir périr l'humanité
Sous nos regards faméliques.
Avons-nous tous mérité
D'admirer cette fin tragique ?
Privés d'eau et d'air purs
Par nos réserves de CO2,
Dans nos rires impurs,
Brûlent nos poumons imprégnés de feu.
Il ne reste à la Terre
Que d'apparaître désolée.
Dépossédé de ses parasites,
Le circuit de l'eau
Laverait la Terre
Polluée par notre modernité ;
Reste à penser que dans ce rite
L'Homme serait moins sot.
Plumette - 2007 June 07 Impartial printempsMes yeux se camouflent dans le vert camaïeux
Des arbres, sous la chaleur, devenus frileux.
Sapin, gardien temporel de cette couleur,
Se cache chez les siens, bardé tel l'empereur ;
Les soldats ressuscités des assauts de l'an,
Laissent couler des grappes de jaune, de blanc,
Et se pigmentent de tâches rouges et bleues
Puis crachent à terre des abcès contagieux.
A la contemplation des fiévreux vétérans,
Mon villageois ouvre très grandes les fenêtres,
Toise l'ascension du faîte au baromètre
Mais, à la procession rayonnante du sacre,
Il dresse un drapeau noir à tout participant,
Conscient de ne pouvoir défendre le massacre.
Plumette May 23 MomiesEmpiler des fleurs séchées tels des souvenirs
Dans des verres ciselés, pour se repentir
D'avoir bu le contenu afin d'oublié
Que le passé est perdu, à jamais noyé,
Et revoir les couleurs à peine assombries
De ceux qui venaient sans coeur avec l'alibi
Au bout de leur bras tendu, puissant cimetère
Retraçant dans ma chair nue leur fichu oeil fier.
Séchant, les fleurs se poudrent et font de la place
Comme, sans fond, le foudre de l'eau ne se lasse.
On oublie les premiers seaux, grains multicolores,
Formant un douillet berceau aux pétales morts.
Le résigné mélange explose en rappels
Dans les failles étranges de mon corps sans ailes,
Pour y planter des ronciers couverts de fruits noirs
Que vous pouvez dépouiller parmi mes mémoires.
Plumette May 10 Séquelles d'AnnihilationA la différence d'Alligator 427 où une légère note d'espoir transparaît dans le cynique "Je vous attends", le lucide Annihilation n'y laisse pas de place. Là, on se pose la question de savoir si quelqu'un sera capable de faire taire la bête furieuse du mal sur le monde dont le centre est l'Amérique (Pentagone, Marilyn et, plus particulièrement et cela n'engage que ma sensibilité, Marilyn Manson, fervent détracteur de son pays, avec "dans un décor d'absinthe aux tableaux véroleux").
Donc, fatigué de ces mauvaises nouvelles, il faut trouver un échappatoire. Ici, c'est dans la lecture ou l'écriture qu'exulte cet enfer dans la mélancolie. On l'exulte la nuit, dans le silence de la nature, au moment où l'esprit se bat en duel pour tirer le bien du mal et où les accumulateurs font le plein d'énergies... mais aussi dans l'alcool. On finit par dire toujours les mêmes choses, à rejouer les mêmes scénarii, rien ne change, les cartes sont jetées.
Et, cet échappatoire nous permet d'attendre la délivrance, la mort, en conservant ses idées et ses amours intactes tout en sachant que l'âme une fois libérée, une fois apaisée de la prison qu'est le corps ne vit que dans l'esprit de ceux qui restent pour cracher des conseils du bas des tombeaux où ils gisent.
Voilà ce que j'ai fait d'Annihilation de Thiéfaine ; peut-être n'est-ce que le délire de mes propres pensées que je transpose. En attendant, tant que Thiéfaine continuera de jeter des pièces comme celle-ci, je veux bien qu'il dise de moi que je suis une B. B. B.
Allez, bisouilles ! |
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