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    October 19

    Des espoirs

    Eboulez le mur
    Contre lequel mon front bute,
    Oubliez cette armure
    Dans laquelle je lutte,
     
    Glissez le manteau de glace,
    Soignez les fleurs
    Germant sous la cuirasse
    Où roulent mes pleurs.
     
    Quand je serai à nu,
    Je mouillerai de larmes,
    Sans aucune retenue,
    Le champ de mes charmes.
     
    Sous la pluie d'orage,
    Rester en évidence,
    Elle brisera le vitrage
    De mes apparences.
     
    Volant en éclats
    Dans la lueur des éclairs,
    Elle fêlera mon mât,
    Poudrera mes chairs,
     
    Ne laissera que mon âme
    Privée de chaînes.
    Achoppée sur une île
    Piétinée et reniée,
    Ma vie heurtera Sésame,
    Le bel ébène,
    Pour louer cette idylle
    De terre dérobée.
     
    Eboulez le mur
    Contre lequel mon front bute,
    Oubliez cette armure
    Dans laquelle je lutte,
     
    Glissez le manteau de glace,
    Soignez les fleurs
    Germant sous la cuirasse
    Où roulent mes pleurs.
     
    Je rhabillerai
    Mon plus éclatant sourire
    D'une roseraie
    Dont les épines déchirent
     
    Mon triste visage
    Récuré, taquiné
    Et, mettrai en cage
    Mes idées torturées.
     
    Les oiseaux euphoriques,
    Inquiétés des cris
    Du cachot diabolique,
    Couvriront le bruit
     
    De ma manie sordide
    De rêver trop haut.
    Dans ma métempsycose,
    La nuit sera claire
    Quand ma cervelle candide,
    Crachant les badauds
    De mes temps psychoses,
    Blanchira mon calvaire.
     
    Élevez le mur
    Contre lequel mon front bute,
    Cirez cette armure
    Dans laquelle je lutte,
     
    Laissez le manteau de glace,
    Gâtez les fleurs
    Germant sous la cuirasse
    Où doutent mes peurs.
     
    Plumette - 20070511
    October 17

    L'ivrogne

    Avez-vous déjà vu un homme, le matin,
    Chercher partout et ne découvrir que parfum
    Pour que ses mains puissent s’arrêter de trembler
    Et soient capables de lui servir un café.
     
    Le soir, l’avez-vous déjà entendu, le soir,
    Lorsqu’il retourne chez lui complètement noir,
    Dire à sa femme que ce n’est qu’une catin
    Et puis abîmer ses chairs à grands coups de poing.
     
    Avez-vous déjà considéré leurs enfants,
    Imaginé qu’ils sont demeurés impuissants
    En face de cette quotidienne menace
    Planant sous le toit : voir s’écrouler pour toujours
    Leur mère dépouillée du maternel amour
    Larmoyé sur les invendus portraits de classe.
     
    La nuit, savez-vous qu'elle est pénible, la nuit.
    Dans le silence plus déchirant que les cris,
    Dans les ténèbres plus aveuglants que les jours,
    Elle a de la peine à identifier l'amour.
     
    Avez-vous déjà vu un homme, le matin,
    Chercher partout et ne découvrir que parfum
    Pour que ses mains puissent s’arrêter de trembler
    Et soient capables de lui servir un café.
     
    Plumette - 20061129
    October 10

    Dernières volontés

    Au bout de ma ballade,
    Quand surviendra la mort,
    Vous restera mon âme ;
    Dites adieu à mon corps.
     
    Il n'aime pas le ciment,
    Il n'aime pas la pierre.
    Alors, dans le tourment,
    Ecoutez ma prière :
     
    Six éléments de bois
    Et un trou dans la glèbe,
    Vous tous autour de moi.
    Surtout que Dieu vous aide
     
    A glisser le cercueil
    Et à combler le vide.
    Que votre larme d'œil
    Mouille ce sol aride
     
    Où pousseront des fleurs
    Engrainées par le souffle
    – Moi, dans mes profondeurs,
    J'apporterai la bouffe
     
    A multiples pillards
    Qui fouilleront la terre ;
    Tels de joyeux fêtards,
    Ils violeront ma bière –
     
    Venez cueillir ces fleurs,
    Egaillez votre table.
    Allons, n'ayez pas peur !
    Elles sont plutôt affables.
     
    Respirez leurs parfums,
    Coupez-les du dédale.
    Je serai chez les miens,
    Vos yeux dans mes pétales.
     
    Admirez leur splendeur
    Qui mon destin camouffle.
    – Moi, dans mes profondeurs,
    Je ramène la bouffe
     
    A multiples pillards
    Qui aèrent la terre ;
    Tels de joyeux fêtards,
    Ils moussent dans ma bière –
     
    Plumette - 20070407
    October 02

    Dialogue de Sourds

    - Pauvre fille ! tu tiens pas la distance ;
    Tu deviens folle de trop de silence,
    Ne supportes pas les courtes séquences.
    Comment tu vas faire ?
    Tu disais pourtant n'être pas jalouse
    Et, là sur tes bras, poussent des ventouses
    Prêtent à pomper beaucoup trop de news.
    Tu devrais te taire !
    Non mais ça va pas ! Qu'est-ce que tu me veux ?
    T'es d'la police ou quoi ? Prends des aveux ?
    Tu veux mes papiers ?
    Et si je te dis "Il y a de l'orage",
    Fais pas de rime avec marivaudage,
    Tu vas me fâcher.
     
    - Gentil garçon ! tu es trop loin de moi.
    Je ne sais pas le timbre de ta voix
    mais plus ça va, plus tu me parais froid.
    Qu'est-ce que j'peux faire ?
    Je suis désireuse de tout apprendre.
    Mais sur moi, tu ne fais que te méprendre,
    Tu te méfies et mon âme se cendre.
    Tu devrais te taire !
    Je ne veux pas ton identité.
    Tu le sais très bien, tu peux la garder
    Au nom de mon père !
    Si tu estimes que je te reviens,
    Remontes ton coussin, ton traversin,
    Couches ton cerbère.
     
    Plumette - 20090910

    Degrés solaires

    Je me lève
    A l'heure du déjeuner ;
    Je soulève
    Mes paupières morganées
    Sur ton plat
    Qui me laisse en appétit.
    Dans mes draps,
    C'est le matin à midi.
     
    Je déjeune
    En te souhaitant bonsoir
    Car the sun
    Est à demi et trois-quart ;
    Il éclaire
    L'horizon d'un fil orange
    Circulaire,
    Brille à l'ouest du losange.
     
    Quand je rentre,
    Tu as perdu ta pantoufle ;
    Au plus tendre,
    La couette te camoufle.
    Puis, je dîne
    Avec ton oiseau nocturne ;
    J'hallucine :
    Je vois ton corps dans sa turne.
     
    Je me douche
    Pour me laver de la vie
    Et me couche
    Au plus profond de ta nuit.
    Tu te lèves
    Alors que je dors encore,
    Fais des rêves
    A la limite du bord.
     
    Plumette - 20090904